
﷽
Sourate At-Takâthur
(La course aux richesses)

Récitée par Cheikh Saad-El-Ghamidi
Nom
Cette sourate tire son titre du mot " At-Takâthur " (La course aux richesses) qui apparaît dans le premier verset.
Période de Révélation
Abou Hayân et Ash-Shawkâni affirment que cette sourate, à l’unanimité des exégètes, est mecquoise. C’est, selon l’Imâm As-Souyoutî, l’opinion reconnue. Toutefois, un certain nombre de traditions appuieraient son caractère médinois :
Ibn Hâtim conte selon Abou Buraydah que cette sourate fut révélée au sujet de deux tribus des Ansâr - les Banou Hâritha et les Banou Al-Harth. Ces deux tribus avaient relaté les gloires et les œuvres illustres de certains des leurs qui étaient encore de ce monde, puis étaient parties au cimetière se vanter des grandes œuvres de leurs défunts. La Révélation Divine descendit avec "alhâkum at-takâthur" (La course aux richesses et aux honneurs vous distrait). Cependant, si l’on prend en considération les positions des compagnons et des successeurs quant au contexte de la révélation des sourates, cette tradition n’est pas un argument valide pour prouver que Sourate At-Takâthur fut exactement révélée à cette occasion. Elle montre simplement que cette sourate touche de plein fouet ces deux tribus.
L’Imâm Boukhârî et Ibn Jarîr narrent cette tradition selon Oubay Ibn Ka`b : "le Prophète a dit : Si le fils d’Adam avait deux vallées de richesses, il désirerait une troisième. Rien ne peut remplir le ventre du fils sauf la terre (i.e. la mort)… jusqu’à ce que "alhâkum at-takâthur" fut révélée". Cette tradition fut considérée comme un argument appuyant le caractère médinois de cette sourate, en ce sens que Oubay Ibn Ka`b embrassa l’islam à Médine. Toutefois, cette affirmation de Oubay ne montre pas dans quelle mesure les compagnons du Prophète
auraient considéré cette parole du Prophète
comme une partie du Coran. S’il s’agit de dire qu’ils la considéraient comme un verset coranique, cela ne peut être accepté, car une grande majorité des compagnons était constituée d’hommes qui connaissaient par cœur chaque mot du Coran : il n’est pas possible qu’ils se trompent et prennent un hadith pour un verset. Si dire qu’elle appartient au Coran signifie qu’elle est dérivée du Coran, cette tradition pourrait également signifier que lorsque les compagnons qui ont embrassé l’islam à Médine ont entendu cette sourate pour la première fois par le Noble Prophète
, ils auraient cru qu’elle fut révélée à l’instant même, ils auraient pensé que la parole susmentionnée du Noble Prophète
fut dérivée de ce verset.
Ibn Jarîr, Tirmidhî, Ibn Al-Moundhir et d’autres experts en traditions rapportent ce propos de l’Imâm `Ali : "Nous avions des doutes sur les supplices de la tombe jusqu’au jour où "alhâkum at-takâthur" fut révélée". Cette parole de l’Imâm `Ali
fut considérée comme un argument en la faveur du caractère médinois de la Sourate, en ce sens que les supplices de la tombe seraient mentionnés pour la première fois à Médine, sans que la moindre mention en ait été faite à la Mecque. Ceci est inexact. En effet, dans les sourates mecquoises, les supplices de la tombe sont mentionnés dans divers passages d’une façon tellement claire, ne laissant la place pour le moindre doute à ce sujet. À titre d’exemple, on peut se référer aux versets suivants : Al-An`âm: 93, An-Nahl : 28, Al-Mou’minoun : 99-100, Al-Mu’min : 45-46, lesquels sont tous mecquois. Par conséquent, s’il fallait conclure quelque chose de cette parole de l’Imâm `Ali
, on dirait que Sourate At-Takâthur fut révélée avant les sourates mecquoises que nous venons de citer et que sa révélation a dissipé tout doute chez les compagnons au sujet des supplices de la tombe.
C’est pour cela, qu’en dépit de ces traditions, une grande majorité d’exégètes s’accordent pour dire que cette sourate est mecquoise. A mon sens, cette sourate est non seulement mecquoise, mais, en outre, grâce à son style et son contenu, elle fait partie des premières sourates révélées à la Mecque.
Thème et sujets abordés
Dans cette sourate, les gens sont avertis des regrettables conséquences de l’adoration de ce bas monde qui fait qu’ils dépensent leur vie, jusqu’à la mort, pour amasser richesse sur richesse, pour acquérir des biens matériels, pour rechercher des plaisirs, des positions et des pouvoirs, en se vantant et en s’enflant d’orgueil entre eux pour ce qu’ils ont acquis. Cette recherche des biens d’ici-bas les a tellement préoccupés qu’ils n’avaient guère le temps de rechercher des choses plus nobles dans la vie. Après avoir averti les gens des désastreuses conséquences de cela, c’est comme si on leur disait : "Ces biens que vous amasser et dont vous profitez abondamment ne sont pas que des bienfaits, c’est aussi une façon de vous éprouver, car pour chacun de ces bienfaits et signes d’aisance, vous serez certainement appelés à rendre des comptes dans l’Au-delà."
Wa Allâhou A’lam
Allah
est le plus savant
Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur Ton serviteur et Messager, notre Prophète Mohammed , qu’Allah
soit satisfait de ses successeurs (califes) bien dirigés, les imams bien guidés : Abou Bakr, 'Omar, 'Othman et Ali et tous les autres compagnons
et ceux qui les ont succédé et ceux qui ont succédé à ceux-là sur le même chemin jusqu’au jour de la résurrection.


