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Sourate Al-`Alaq (L’Adhérence)

Récitée par Cheikh Saad-El-Ghamidi

Nom

La sourate doit son titre au mot `alaq (adhérence) du second verset.

Période de Révélation

Cette sourate comporte deux parties : l’une du verset 1 au verset 5, l’autre du verset 6 au verset 19. Pour la première partie, la grande majorité des savants musulmans s’accordent à dire qu’elle constitue la toute première révélation descendue sur le Saint Prophète,saws. A cet égard, le hadîth de la Mère des Croyants Aïcha radi allahu anha1, que l’Imam Ahmad, ainsi que Boukhari, Mouslim, et d’autres savants spécialistes du Hadîth ont rapporté, avec plusieurs chaînes de garants, est l’un des hadîths les plus authentiques sur le sujet. La Mère des Croyants Aïcha radi allahu anha1 y raconte entièrement l’histoire des débuts de la révélation tels qu’elle l’a entendue du Saint Messager d’Allah saws. En outre, Ibn `Abbâs, Abou Moussâ Al-Ash`arî et un groupe de Compagnons radi allahu anhum ont aussi rapporté que ce fut les tout premiers versets du Coran révélé au Saint Prophète saws. La seconde partie fut révélée après que le Saint Prophète saws commença à diriger la prière prescrite dans l’enceinte de la Ka`bah et qu’Abou Jahl, menaçant, essaya de l’en empêcher.

Début de la Révélation

Les experts du Hadîth ont rapporté, avec leurs chaînes de garants respectives, l’histoire des débuts de la révélation selon l’Imâm Az-Zuhri, qui la tenait de  Ourwah Ibn Az-Zubayr radi allahu anhu, qui lui-même la tenait de la Mère des Croyants Aïcha radi allahu anha1, sa tante. Celle-ci affirme que les révélations faites au Saint Prophète saws commencèrent sous la forme de songes véridiques. Quel que soit le songe qu’il avait, il le percevait comme s’il le voyait au grand jour. Puis, il aima la retraite solitaire et se rendait à la grotte de Hirâ pour s’investir dans l’adoration pendant plusieurs jour et plusieurs nuits. La Mère des Croyants, Aïcha radi allahu anha1 utilisa le terme tahannuth, que l’Imam Az-Zuhri, entend par ta`abbud, c’est-à-dire "exercice de dévotion".

Ce fut l’une des formes d’adoration qu’il pratiquait, durant la période où Allahazawajalb ne lui avait pas encore enseigné la façon de prier. Il prenait des provisions avec lui et y rester plusieurs jours. Puis, il retournait chez Khadîjah radi allahu anha1 qui pourvoyait à ses besoins pour quelques jours de plus. Un jour, dans la grotte de Hirâ, la révélation se manifesta à lui de manière inattendue. L’Ange Gabriel alaihisalam lui dit : "Lis". Selon la Mère des Croyants Aïcha radi allahu anha1, telle fut la réponse rapportée par le Saint Prophète saws lui-même : "Je ne suis pas du nombre de ceux qui savent lire !". C’est pourquoi l’Ange me prit et me pressa jusqu’à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me lâcha alors et dit : "Lis". Je dis : "je ne peux pas lire !" Il me serra une seconde fois jusqu’à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me lâcha alors et dit : "Iqra’ bismi rabbika’lladhi khalaqa : (Lis au nom de ton Seigneur Qui a créé)" jusqu’à arriver à "mâ lam ya`lam" (ce qu’il ne sait pas)". La Mère des Croyants Aïcha radi allahu anha1 poursuit : "Alors le Saint Messager saws rentra à la maison, chez Khadija radi allahu anha1, tremblant de peur, et lui dit : "Couvrez-moi ! couvrez-moi !" et il fut couvert. Quand la peur le quitta, il demanda : "Ô Khadijah, qu’est-ce qui m’arrive ?" Il lui raconta alors ce qui se passa et dit : "Je crains pour ma vie" Elle lui dit : "Non jamais ! Par Allah, jamais Allah ne te rabaissera, tu considères avec bonté tes proches, tu dis toujours la vérité (une tradition ajoute : "tu rends ce qui t’es confié"), tu supportes le fardeau des faibles, tu aides les pauvres, tu accueilles les hôtes, et tu participes aux bonnes œuvres".

Alors elle le mena chez Waraqah Ibn Nawfal, le cousin paternel de Khadîja radi allahu anha1. Ce dernier, très vieux et aveugle, converti au christianisme pendant la période antéislamique, traduisit l’Évangile en arabe et en hébreu. Notre noble dame Khadija radi allahu anha1 s’adressa à lui en ces termes : "Mon frère, écoute le fils de ton frère". Waraqah demanda au Saint Prophète saws : "Qu’as-tu veux, Neveu ?" Le Saint Prophète saws décrivit ce qu’il avait vu. Waraqah d’ajouter : "C’est le même Nâmûs (l’Ange de la Révélation) qu’Allah a envoyé à Moïse. J’aurais aimé être un jeune homme pendant ta prophétie ! J’aimerais être vivant quand ta tribu te chassera !" Et le Saint Prophète saws de réagir : "Me chasseront-ils ?" Waraqah répondit : "Jamais un homme n’a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t’aiderai de toutes mes forces !" Mais peu de temps après, Waraqah mourut.

Ce récit est explicite : avant même l’arrivée de l’Ange Gibril alaihisalam, le Saint Messager d’Allahsaws était intimement conscient de ce qu’était sa vie, ses affaires et son comportement. Lorsque Waraqa entendit ce qui lui arriva, il ne considéra pas cela comme le fait de Satan, mais pensa immédiatement que l’Ange est celui qui est descendu sur Moïse alaihisalam. En d’autres termes, selon lui, le Saint Prophète saws était un homme si sublime qu’il n’était en rien surprenant qu’il soit élevé au rang de Prophète.

Causes de la Révélation des versets 6-19

La seconde partie de cette sourate a été révélée lorsque le Saint Messager d’Allah saws commença à accomplir la prière, sur la voie de l’islam, dans la Ka’bah. Abou Jahl le menaça et essaya de l’empêcher de prier. Après avoir été désigné Prophète, bien avant même qu’il put commencer à prêcher l’islam ouvertement, il commença à accomplir la prière aux environs de la Ka’bah, sur la voie qu’Allah lui enseignait. Ainsi, les Qurayshites sentirent pour la première fois qu’il avait adopté une nouvelle religion. D’autres le regardaient avec curiosité. En revanche, Abou Jahl, plein d’arrogance et d’orgueil, menaça le Saint Prophètesaws et lui interdit de prier de la sorte dans l’enceinte de la Ka’bah. Un certain nombre de hadîths ont été rapportés, à cet égard, par nos maîtres Abdullah Ibn `Abbâs et Abou Houraira radi allahu anhum, avec notamment une mention de l’attitude stupide de Abou Jahl.

Abou Hourayrah radi allahu anhu affirme que Abou Jahl demanda au peuple de Quraysh : "Mohammed pose-t-il son visage au sol en votre présence ?" Lorsqu’ils lui répondirent par l’affirmative, il dit : "Par Lât et `Uzza, si jamais je le prenais dans cet acte d’adoration, je poserais mon pied sur son cou et lui ferais mordre la poussière". Il advint qu’il vit le Saint Prophète saws dans ladite posture. Il s’avança jusque derrière lui saws pour lui poser son pied sur son cou, mais soudainement il fit volte face comme effrayé et déconcerté par ce qui se passait. Il affirma avoir vu un fossé de flammes et une terrible apparition entre lui et Mohammed saws, ainsi que des ailes. A ces mots, le Saint Prophète saws dit : "S’il s’était approché de moi, les anges l’auraient tué et mis en pièces". (Ahmad, Mouslim, An-Nassaï, Ibn Jarîr et autres).

Selon lbn `Abbâs radi allahu anhu, Abou Jahl dit : "Si j’attrapais Mohammed accomplissant la prière devant la Ka’bah, je lui ferais mordre la poussière » Quand le Saint Prophète saws entendit cela, il dit : "S’il agit ainsi, les anges l’auraient saisi à ce moment". (Boukhari, At-Tirmidhi, An-Nasâ’i, Ibn Jarîr et autres).

Selon une autre tradition d’Ibn Abbas radi allahu anhu, le Saint Prophète saws accomplissait sa prière au Maqam Ibrahim (station d’Ibrahîm). Abou Jahl passant par là dit : "Ô Muhammad, ne t’ai-je pas interdit cela ?" et il commença à le menacer. En réponse, le Saint Prophète saws le blâma sévèrement. Puis là-dessus ajouta : "Ô Mohammed, par quelle vigueur me réprimandes-tu ? Par Dieu, mes partisans, dans cette vallée, dépassent de loin en nombre les tiens." (Ahmad, At-Tirmidhi, An-Nassaï  et autres).

Cela explique, suite à ces graves incidents, que la seconde partie de cette sourate débute par "kalla inna al-insâna la yatghâ - Vraiment l’homme devient rebelle". Cette partie garde naturellement le même sens que celui plus global de cette sourate dans le Coran : après la première révélation, le Saint Prophète saws a conféré à l’islam une expression avant tout à travers les actes de prière, et son conflit avec les païens.

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Allah